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ANALYSE DES RÉSULTATS DU 1ER TOUR AU SECTEUR PUBLIC
15 mai 2026

ANALYSE DES RÉSULTATS DU 1ER TOUR AU SECTEUR PUBLIC

Objet : Incohérences structurelles du scrutin des élections professionnelles dans le secteur public et fondement d’une demande d’annulation et de reprise du processus Dans le cadre de son suivi du premier tour des élections professionnelles dans le secteur public, la FETRAG a procédé à une analyse consolidée des procès-verbaux de centralisation intégrant les effectifs d’inscrits par ministère ainsi que la répartition des sièges attribués. Cette analyse met en évidence des incohérences structurelles majeures affectant la sincérité, la cohérence et l’équité du scrutin, et justifiant l’examen d’une demande d’annulation et de reprise du processus électoral.


ANALYSE DES RÉSULTATS DU 1ER TOUR AU SECTEUR PUBLIC

1. Architecture générale du scrutin et périmètre électoral

Le processus électoral concerne 24 ministères pour un total de 249 sièges à pourvoir.

La structure globale repose sur une logique fortement standardisée, dominée par un modèle de 10 sièges par ministère, indépendamment des effectifs réels, avec quelques ajustements marginaux.

2. Effectifs d’inscrits et répartition des sièges par ministère

L’analyse consolidée des procès-verbaux permet de présenter les données suivantes :

- Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération : 520 inscrits – 10 sièges

- Ministère des Affaires sociales : 3 030 inscrits – 10 sièges

- Ministère de l’Agriculture et du Développement rural : 1 202 inscrits – 10 sièges

- Ministère du Commerce : 869 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Communication et des Médias : 1 481 inscrits – 10 sièges

- Ministère des Eaux et Forêts : 758 inscrits – 10 sièges

- Ministère de l’Économie et des Finances : 4 148 inscrits – 10 sièges

- Ministère de l’Éducation nationale : 16 915 inscrits – 15 sièges

- Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : 1 363 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Fonction publique : 2 372 inscrits – 10 sièges

- Ministère de l’Industrie : 230 inscrits – 10 sièges

- Ministère de l’Intérieur : 1 116 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture : 1 460 inscrits – 10 sièges

- Ministère du Logement et de l’Urbanisme : 1 260 inscrits – 10 sièges

- Ministère des Mines et des Ressources géologiques : 183 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Mer et de la Pêche : 278 inscrits – 10 sièges

- Ministère du Pétrole et du Gaz : 1 238 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Planification : 581 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Réforme institutionnelle : 222 inscrits – 10 sièges

- Ministère de la Santé : 13 306 inscrits – 14 sièges

- Ministère du Tourisme : 337 inscrits – 10 sièges

- Ministère des Transports : 1 195 inscrits – 10 sièges

- Ministère du Travail (PAN Travail) : 474 inscrits – 10 sièges

- PAN Formation professionnelle : 933 inscrits – 10 sièges

- Ministère des Travaux publics : 1 394 inscrits – 10 sièges

3. Lecture structurelle des effectifs et de la représentation

L’analyse met en évidence une forte disparité des effectifs :

- De 183 inscrits (minimum constaté)

- À 16 915 inscrits (maximum – Éducation nationale)

soit un écart supérieur à 1 à 90.

Malgré cette amplitude, la majorité des ministères demeure fixée à 10 sièges, indépendamment du poids réel des électeurs.

4. Distorsion du principe de proportionnalité

La confrontation entre effectifs et sièges révèle :

- Une absence de corrélation entre taille des administrations et représentation,

- Une égalisation artificielle du poids électoral des ministères,

- Une sur-représentation relative des petites administrations et une sous-représentation des grandes structures.

Ainsi, un agent d’une administration de 183 inscrits dispose d’un poids électoral significativement supérieur à celui d’un agent d’une administration de plus de 4 000 voire 16 000 inscrits.

5. Effets combinés sur le pluralisme syndical

À cette structure s’ajoute le mécanisme du seuil de représentativité fixé à 10 % des suffrages exprimés.

Les effets observés sont les suivants :

- Exclusion d’un nombre important d’organisations syndicales,

- Réduction du pluralisme pouvant atteindre jusqu’à 60 % dans certaines administrations,

Concentration mécanique de la représentation autour d’un nombre limité d’acteurs.

6. Analyse critique globale

Le dispositif repose sur trois logiques cumulatives :

- Uniformisation des sièges indépendamment des effectifs réels,

- Absence de corrélation entre poids administratif et représentation,

- Restriction structurelle du pluralisme syndical par le seuil de 10 %.

Cette architecture produit un système de représentation partiellement déconnecté des réalités sociales et administratives.

7. Conséquences sur la sincérité du scrutin

Les incohérences relevées affectent directement :

- la sincérité du scrutin,

- la représentativité réelle des administrations,

- la légitimité des résultats du premier tour,

- la perception d’équité du processus électoral.

8. Position de la FETRAG et fondement du recours

Au regard de ces éléments objectivés, la FETRAG considère que le dispositif électoral présente des déséquilibres structurels majeurs de nature à altérer la régularité du scrutin.

Elle estime en conséquence que :

- la répartition des sièges est structurellement déséquilibrée,

- les résultats du premier tour sont affectés par des distorsions substantielles,

- la poursuite du processus dans ces conditions compromet l’équité globale du scrutin.

Conclusion:

Au regard de l’ensemble des données consolidées, la FETRAG considère que les conditions d’un scrutin équitable, transparent et proportionnel ne sont pas réunies.

Elle en appelle à l’examen sérieux d’une annulation du processus électoral en cours et à sa reprise sur des bases corrigées, garantissant une réelle proportionnalité des sièges, une prise en compte effective des effectifs et la préservation du pluralisme syndical.

Le Secrétaire Général de la FETRAG

- Expert en assistance en relations du travail

- Certifié ACTRAV (OIT)