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Hommage aux agents de la SEEG
3 juillet 2026

Hommage aux agents de la SEEG

Il existe des périodes dans la vie d’une nation où le jugement collectif devient plus lourd que les faits eux-mêmes. Des moments où la parole circule plus vite que la vérité, où l’émotion recouvre la raison, et où des travailleurs ordinaires se retrouvent exposés à une douleur qu’ils n’ont ni cherchée, ni méritée.


Au nom des travailleurs

Il existe des périodes dans la vie d’une nation où le jugement collectif devient plus lourd que les faits eux-mêmes. Des moments où la parole circule plus vite que la vérité, où l’émotion recouvre la raison, et où des travailleurs ordinaires se retrouvent exposés à une douleur qu’ils n’ont ni cherchée, ni méritée.

Dans la situation liée à la SEEG, des agents ont traversé une épreuve particulièrement dure.

Accusés à tort dans des dysfonctionnements dont les causes dépassent largement leur niveau d’intervention, ils ont été livrés à la vindicte populaire, parfois moqués, parfois blessés dans leur dignité la plus intime, et réduits à porter seuls le poids de réalités qui leur échappaient. Pourtant, ils étaient là, au poste, souvent silencieux mais lucides, témoins directs de difficultés qu’ils avaient eux-mêmes signalées sans toujours être entendus.

Il faut mesurer ce que signifie, pour un travailleur, de se sentir injustement désigné aux yeux de tous. Ce n’est pas seulement une atteinte professionnelle. C’est une atteinte à l’honneur, à la confiance en soi, parfois même à la foi en la justice des hommes.

Avec honnêteté, nous devons reconnaître que nous avons parfois manqué de prudence dans nos jugements. Nous avons trop vite relayé des lectures partielles, trop vite accepté des conclusions sans avoir pris le temps d’écouter toutes les vérités. Ce constat n’efface rien, mais il oblige à mieux faire, à mieux comprendre, à mieux protéger à l’avenir.

Je rends hommage à ces agents qui, dans le silence de leur souffrance, ont choisi de rester debout. Alors que tout aurait pu les pousser au repli ou à la colère, ils ont fait un choix plus exigeant : celui de la dignité et du dialogue, en sollicitant une rencontre avec les plus hautes autorités de la République, malgré l’incertitude et la charge émotionnelle du moment.

Je salue également la posture du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a accepté de les écouter directement, dans un cadre de parole libre, sans filtre, permettant ainsi que les voix des travailleurs puissent être entendues au-delà des perceptions et des récits qui lui avaient été transmis.

Aujourd’hui, il est devenu essentiel de rendre à ces agents ce que rien ne devrait pouvoir leur retirer : leur dignité. Car aucune réforme, aucune modernisation, aucun redressement ne peut être durable s’il laisse derrière lui des vies humaines abîmées et des injustices non reconnues.

La FETRAG rappelle que le travailleur ne doit jamais être le visage facile des défaillances d’un système, mais un pilier de sa correction et de sa reconstruction.

C’est pourquoi j’exhorte, avec une profonde émotion, tous les travailleurs vertueux ainsi que les usagers et clients de la SEEG à ne pas rester indifférents. À ne pas détourner le regard. À ne pas laisser l’oubli recouvrir la blessure. Qu’un mot, qu’un geste, qu’une pensée de compassion puisse leur parvenir, comme une main tendue dans une période où l’injustice a trop pesé.

Car même lorsque le préjudice semble irréparable, même lorsque les mots paraissent insuffisants, il reste quelque chose d’irremplaçable : la reconnaissance humaine. Celle qui ne répare pas tout, mais qui empêche de sombrer dans l’oubli et redonne à chacun la force de continuer.

Jocelyn Louis NGOMA

SG de la FETRAG